Bivouac du marathon des sables, avril 2003 :
La désertique hamada a englouti les jambes de l’armada. Armada de « cannes » qui tricotent. Armada de souffrances, quelquefois de joies. Le plus souvent de luttes, de renoncements, d’abandons maintes fois refusés à la faiblesse, la douleur atroce. Bien au-dessus des dunes et des jambes, de ce don du corps, la tête tout là-haut, perchée dans sa solitude est sous-pression. Là-haut au delà même de l’humain, de ce que nous pouvons exprimer, dans une sphère déjà mystique.
Dans cet imperceptible espace, pourtant abstrait, ou ciel, sable, humain, pieds, plaies et jambes ne font plus qu’un. Ensembles dans la vie, tendus vers un but. Finir. Passer la ligne déjà de l’étape du jour. Mais pourquoi toute cette souffrance pour en arriver là ?
