« Terra Incognita »


© Vincent Hilaire - Fonds Tara / Conception graphique : Ternog Design 2011 © Vincent Hilaire - Fonds Tara / Conception graphique : Ternog Design 2011 © Vincent Hilaire - Fonds Tara / Conception graphique : Ternog Design 2011 © Vincent Hilaire - Fonds Tara / Conception graphique : Ternog Design 2011 © Vincent Hilaire - Fonds Tara / Conception graphique : Ternog Design 2011
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C'est ainsi que les grands explorateurs, ceux qui partirent souvent sans cartes marines, à la découverte du monde, l'appelaient. Une terre, une fin du monde réelle ou fantasmée ?

Toujours est-il qu'il a fallu attendre des centaines d'années avant que l'homme n'aperçoive simplement une première fois au XIXème siècle l'Antarctique.

Grâce à Tara et son équipage, il ne m'aura fallu patienter que quarante quatre ans de ma vie, pour réaliser ce nouveau rêve : Fouler cette Terre glacée de mes pieds en janvier 2011. J'aime de plus en plus cette époque ou voyager dans ces contrées reste une aventure, mais que l'on peut partager ensuite. A l'époque de ces pionniers qui nous montraient la voie, seule une poignée en réchappait. Nous avançons toujours sur leurs traces, nous nous étonnons encore de leurs exploits, de leur bravoure, de leur engagement total même au milieu des pires dangers.

Quelle chance nous avons de pouvoir profiter ainsi de leurs sacrifices, de leur découverte, de cet esprit d'aventure exceptionnel qui était le leur, jusqu'au bout de leur dernière flamme de vie quelquefois.
C'est en Arctique trois ans plus tôt qu'était née cette nouvelle envie. Après l'Océan glacial arctique, s'était forgée la volonté de découvrir, cette terre sous la glace. Lorsqu'on a vécu au rythme du désert gelé de l'océan glacial arctique, presque sans vies, la vue d'une terre même glacée et de la vie qui va avec inspire d'autant plus.

En un peu plus d'un siècle, l'Antarctique n'est donc plus la « Terra Incognita » d'autre fois. Ses latitudes, sa cartographie tout est clairement établis. Elle reste en partie « Incognita » par son étendue, un continent à elle seule. J'ai eu la chance d'y séjourner un mois, n'effleurant qu'une infime petite partie de cette géante. Sa corne qu'on appelle la Péninsule, et qui regarde le sud du continent américain.

Je n'oublierai jamais ses lumières, ses contrastes, ses ambiances de fin du monde blafardes à celle d'une renaissance de la vie. Sa faune, du krill au manchot en passant par l'albatros et la baleine à bosses.

Je me suis imprégné du respect et de l'humilité qu'imposent ces grands icebergs tabulaires de la Mer de Weddell ou l'homme n'est qu'une petite poussière égarée au pays des géants, de Gulliver.

Nous avons séjourné quelques heures dans une clairière de glace par 63° de latitude sud. Trois ans après sa dérive, Tara était de retour au pays des glaces. Celui ou malgré les instruments électroniques et les données satellite l'homme ne peut à un moment donné se fier qu'à son instinct de survie. Un instinct toujours plus en alerte au fur et à mesure que le piège blanc semble vouloir, au gré des vents et courants, se refermer sur lui.