Entre nous,
Publié le 25 01 2010Cette rubrique c'est une autre plate-forme "entre nous". L'espace blog vous permet de réagir à mes écrits, ou au site en général.
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"Entre nous" c'est un pas plus loin. Si ma passion pour la photo noir et blanc, l'écrit, la poésie, l'aventure, la Nature suscite chez vous des envies créatives que vous voulez partager cette espace vous est consacré. Individuels ou collectifs, laissez libre cours à vos élans, si mes rêves vous permettent aussi de concrétiser les vôtres, c'est tout simplement du bonheur !
Rêverie Arctique d'élèves de seconde
Au cours du mois d’Octobre 2OO9, les classes de 2de4 du lycée Charles Péguy et de 2de 11 du lycée Pothier d’Orléans ont pu visiter l’exposition des photographies de Vincent HILAIRE, intitulée « NUIT POLAIRE » et consacrée à l’expédition de la goélette Tara dans l’Arctique.
Cette visite a été l’occasion pour ces élèves de découvrir une expédition scientifique exemplaire pour la sauvegarde de notre planète ainsi que le travail artistique d’un photographe de talent qui a su transmettre sa vision poétique d’un univers où l’homme trouve difficilement sa pace…
Au cours de cette visite, certaines phrases de l’artiste se sont révélées particulièrement évocatrices :
« L’absence de lumière du jour donne à ces photographies un caractère presque irréel. Le temps est arrêté et les hommes transformés en personnages flous et fantomatiques. Le tout drapé dans une poésie où l’imaginaire trouve un terrain de jeu sans limites. »
A partir de cette lecture, il est devenu évident qu’au-delà de ce qu’elle offrait au regard, cette exposition suscitait aussi l’activité de l’écriture. C’est pourquoi les élèves ont composé des « travaux d’écriture » leur offrant les possibilités suivantes :
- Ils pouvaient rédiger une description de l’une des photographies de l’exposition, en étant fidèles à l’image et à son titre.
- Ils pouvaient imaginer un récit prenant comme point d’ancrage l’une des photographies et son titre.
- Ils pouvaient exercer plus librement leur subjectivité au contact de l’une de ces photographies et de son titre.
Stimulés par la perspective d’être publiés sur le site de Vincent HILAIRE, les élèves ont eu à cœur de composer des textes personnels et variés. Une sélection des plus évocateurs est proposée ici.
Serge BOUHNIK, professeur de français
aux lycées Charles Péguy et Pothier d’Orléans
« Pluie de comètes »
Sur cette photographie, on observe le mât d’un navire, sur les terres glacées de l’Arctique, en période de nuit polaire. D’innombrables flocons de neige tombent du ciel, ce qui permet d’attribuer à cette photo le titre de « Pluie de comètes ».
Le capitaine Jack Brown, qui voguait depuis deux jours sur son navire Le Vaisseau des Glaces, arrivait enfin sur le continent glacial. Tous les matelots étaient paralysés par le froid : il fallait trouver un endroit sûr où passer la nuit, mais leur route était parsemée d’icebergs. Les marins furent obligés de passer la nuit dans le navire, en se relayant à leurs postes. Le froid se faisait de plus en plus intense et le vent soufflait de plus en plus fort…Ce fut une nuit comme on en voit rarement.
Au matin, l’équipage, qui avait fini par s’endormir à cause du froid, constata avec effroi que le navire était immobilisé dans la glace. Tous essayèrent de sortir le navire de sa prison, mais en vain.
Aussi étonnant que cela paraisse, un mois entier se déroula dans cette prison gelée. La glace était de plus en plus épaisse, le bateau était toujours prisonnier et les rations allaient être épuisées… Trois hommes s’étaient éteints sous le froid intense et par le manque de nourriture. Tout semblait perdu, lorsque soudain, la neige qui tombait se fit de plus en plus intense : c’était une véritable pluie de comètes. Et une chose encore plus stupéfiante se produisit : les flocons adoptèrent peu à peu une couleur flamboyante jusqu’à devenir de vraies boules de feu. Par miracle, le navire fut la seule cible épargnée par cette pluie ardente, contrairement à la banquise qui se brisa complètement.
Jack Brown, tourné vers le ciel, remercia ce don du ciel et ordonna aux marins : « Remettons cette expédition à plus tard et fichons le camp d’ici ! ». En partant, Jack se retourna une dernière fois vers le continent glacial : comme par miracle, les comètes étaient redevenues de simples flocons de neige…
TOLNO Stéphane, 2de4 du Lycée Charles Péguy
« Welcome to the Moon »
Rien. Un désert de glace éclairé par les rayons lumineux d’une Lune étincelante. Rien. Pas de trace des hommes, de leur civilisation et du chaos qu’elle entraîne. Rien. Pas un seul animal, pas une seule plante. Rien. Que de la glace dans une nuit polaire, froide et inhospitalière. Glace qui dure et perdure face aux hommes qui la torturent. Elle n’a rien fait et pourtant, elle n’offre rien et pourtant… Pourtant les hommes l’attaquent, l’agressent, l’affaiblissent et la font souffrir. Ces hommes avec leur pollution et leur consommation qui, sans y prendre garde, ne font qu’accélérer sa fonte.
Cette photo nous montre qu’un désert de glace, sans les hommes, au clair de lune, peut être un magnifique spectacle. Spectacle que nos pauvres enfants ne pourront peut-être voir qu’en photo du passé, à cause de notre stupidité. Cette stupidité qui pourrait bien faire disparaître ce splendide paysage désertique et somptueux, à jamais…
Qui aurait pu croire qu’un paysage quasi lunaire existait sur Terre ? Personne. Et pourtant, la photographie nous le prouve : ce paysage existe vraiment. Une étendue de glace, à l’infini.
Comme la Lune, cet endroit est difficile d’accès et même hostile à l’homme. Mais le jeu en vaut la chandelle ! Même près d’effroyables efforts très éprouvants, pouvoir enfin admirer un tel paysage est une chance… Malheureusement, ce si beau paysage lunaire est menacé, menacé par l’homme, par le réchauffement climatique, par les trous dans la couche d’ozone, par les multiples et diverses pollutions. Nous sommes tous responsables ! Et bientôt nous nous plaindrons que cette mer de glace a disparu. Cette même mer de glace qui vous vide l’esprit et qui vous fait du bien, qui nous rappelle que nous ne sommes rien à côté de la nature.
Alors pour préserver ce paysage, cette mer, cette image de la Lune sur Terre, luttons !!!
Hugo HORUDKO, 2de4 du lycée Charles Péguy
« Le vaisseau des glaces »
Le soleil disparaissait sous l'horizon, lorsque des chercheurs s'embarquèrent à bord du plus grand voilier polaire au monde. Ils quittèrent le port et entreprirent la traversée de l'Océan Glacial Arctique. Une dizaine d'hommes courageux et déterminés participaient à cette expédition scientifique, destinée à percer le mystère de ces eaux glacées. La région vers laquelle ils se dirigeaient présentait des dangers qui ne paraissaient pas les effrayer. Les jours, les semaines se succédèrent et ils atteignirent une latitude très élevée. Les bancs de glace dérivaient en permanence autour d'eux. Ils étaient confrontés à la puissance des éléments, au jour permanent puis à la nuit polaire. Mais l'aisance de navigation qu'offrait le navire semblait atténuer ces conditions extrêmes.
Cette expédition s'annonçait paisible lorsque, tout à coup, un vent infernal se leva et des vagues déferlèrent avec fracas sur la coque du bateau. L'eau s'agitait provoquant d'importantes secousses. La nef se déplaçait, montant puis descendant au gré des vagues vertigineuses. Ainsi ils furent entrainés et, malgré eux, ils furent pris dans les glaces, se laissant emprisonner.
Leur situation était critique, les membres de l'équipage s'agitèrent et le capitaine demanda de l'aide par radio, mais les secours ne leur parviendraient qu’au bout d’une semaine. Les scientifiques décidèrent alors de mettre à profit ce contretemps en réalisant diverses expériences sur la banquise. Au fur et à mesure de leurs recherches, ils s'éloignèrent du bateau. Seules les traces de leur progression, leurs pas s'enfonçant à une dizaine de centimètres dans la neige, marquaient ce paysage encore vierge. Le craquement de la glace rompait le silence glacé qui y régnait. Ils relevèrent à l'aide d'instruments performants qu'ils avaient emmenés avec eux des données sur l'état de la glace, et après avoir recueilli une quantité d'informations essentielles à leur programme d'observation, ils décidèrent de rentrer au navire.
Mais, sur le trajet du retour, l'un d'entre eux s'arrêta émerveillé par ce qu'il aperçut. C'était d'une grande beauté, comme dans un tableau. Le bateau se dressait au milieu de la nuit éclairé par une lumière intense. Recouvert de glace, il brillait et apparaissait dans toute sa magnificence. Les câbles emprisonnés dans la glace brillaient avec ses lueurs étranges, comme si une araignée polaire s’était emparée du navire… Tous vécurent un moment de jubilation devant ce spectacle à la frontière de l'irréel. Ils goûtaient un bonheur comme peu d'hommes en avait connu et gravèrent à jamais Le vaisseau des glaces dans leur mémoire émerveillée...
Melek Cirik, 2de11 du Lycée Pothier d’Orléans
« Le navire des Glaces »
Il s’agit d’une photographie en noir et blanc qui montre un navire prisonnier des glaces. La photographie a été prise depuis la banquise en Arctique durant la nuit polaire. Grâce à un jeu de contraste fondé sur le clair-obscur, tous les éléments photographiés sont identifiables : la principale zone de lumière se situe au centre de l’image, enveloppant le navire. Elle éclaire faiblement le premier plan tandis que l’arrière-plan est plongé dans l’obscurité et que les éléments du décor naturel projettent leurs ombres sur la banquise.
Sur la gauche de l’image, un banc de glace immaculée et une sombre petite montagne solitaire déterminent l’horizon. Sur la droite, s’élève une chaîne de collines noires de plus en plus petites au fur et à mesure qu’elles se rapprochent du centre de l’image. Entre le banc de glace et les collines s’étend la banquise recouverte de poudreuse sur laquelle de larges empreintes de pas d’hommes sont visibles. Ces traces de pas, seuls signes de cette présence, se dirigent tout d’abord vers le bateau, avant de bifurquer vers la gauche et de faire demi-tour. Tous les éléments du décor convergent vers le point central de la photographie.
Le navire, photographié depuis bâbord, est à une distance d’environ soixante-dix mètres. La chaîne de collines noires masque sa poupe. Les mâts situés à l’avant et à l’arrière sont hauts d’environ trente mètres, alors qu’ils ne mesurent que quelques centimètres sur la photographie. Sur chaque mât sont fixées, à intervalles réguliers, trois barres de flèches. Un pâle halot de lumière enveloppe la goélette, lui donnant ainsi l’apparence d’une épave spectrale. La luminosité est due à de puissants projecteurs, au nombre de cinq, situés sur les barres de flèches les plus basses des deux mâts, et d’un énorme phare placé à l’avant, bien que celui-ci soit en partie dissimulé par la petite montagne. D’innombrables bastaques, haubans, et cordages recouverts de givre assurent la stabilité et la solidité des mâts et retiennent des centaines de mètres carrés de voilures repliées. L’absence de couleurs, l’apparence spectrale de « l’épave » sur la photographie donnent l’impression que le temps s’est arrêté et que le silence est absolu. Je contemple cette image et je suis tellement imprégné de son atmosphère que j’ai totalement oublié que je suis dans une salle du Museum d’Orléans…
BAKDI Ronan, 2nde 11 du Lycée Pothier d’Orléans
« La faille »
J’étais tout simplement épuisée. Je m’affalai sans la moindre grâce dans la neige, et je vis que mes deux compagnons avaient fait de même. Mes paupières s’alourdissaient…
Soudain, j’entendis un grondement sourd. J’ignorais si c’était là un effet de mon imagination ou la réalité ; mon ami et son husky s’étaient relevés, sur leurs gardes. Notre seule source de lumière était la Lune, rassurante malgré ce bruit qui m’intriguait.
Etrangement, j’eus l’impression qu’une sorte de brouillard s’installait et ma vision devint floue. J’aperçus tout de même le chien qui scrutait l’obscurité, prêt à détecter le moindre mouvement suspect. Je sentais mon cœur qui tambourinait dans ma poitrine. Avais-je peur, moi, aventurière intrépide partie explorer les terres inconnues d’Arctique ? Je ne sus répondre à cette question tant la sensation qui m’envahissait était désagréable. Le grondement s’amplifiait peu à peu, et je réalisai qu’il provenait de dessous nos pieds.
Puis, le sol glacé s’ouvrit brusquement ; il se craquelait, se fendait, se déchirait, se divisait, comme des lèvres de glace voulant nous engloutir. Devant nos yeux ébahis zigzaguait maintenant une faille béante d’où sortait une lumière aveuglante. Elle nous avait séparés, mon ami et moi, le laissant d’un côté et moi de l’autre. Le chien s’était tu, fixant avec méfiance cette crevasse gigantesque qui s’apprêtait à nous avaler. Je m’imaginais déjà la scène : nous aurions pu être irrésistiblement attrapés par une langue gelée, dure comme le diamant, qui nous aurait emportés dans les entrailles de la Terre. Au lieu ça, je crus voir de minuscules particules dorées s’échapper de l’ouverture, formant un mince filet d’or qui filait doucement vers le ciel. Ce spectacle aussi magnifique que surprenant me laissa bouche bée. Mon imagination me jouait-elle des tours ? Je l’ignorai. Je sentais que cette poussière flamboyante essayait de me murmurer des mots à l’oreille, mais je n’en saisissais aucun. Elle m’appelait, m’incitait à venir la rejoindre, et je fus prise d’une folle envie de la suivre…
Mais au lieu de m’élever dans las airs, je tombai soudain dans l’imposante faille. Ma chute était sans fin, interminable, et je m’enfonçais à chaque instant un peu plus dans ce trou sombre. J’ignorais comment, mais je sentais que l’on me secouait, qu’on me frappait presque ; je me débattais avec peine. Je sentais mes forces m’abandonner...
Lorsque j’ouvris les yeux, je m’aperçus que j’étais couchée dans la neige. Je regardai effarée autour de moi : mon compagnon me tenait par les épaules, et il me secouait, comme pour me ramener à la réalité. Lorsqu’il vit que j’étais réveillée, il parut soulagé. Je jetai un bref coup d’œil à ma montre et réalisai que je m’étais assoupie quelques heures durant lesquelles j’avais fait un rêve très étrange mais fabuleux.
Clémence DELAFOY, 2de4 du Lycée Charles Péguy d’Orléans
« La porte »
Nous sommes le 31 décembre. D'ici quelques heures, c'est une nouvelle année qui commencera et Nathan laissera derrière lui des mois et des semaines mouvementés.
Assis sur le rebord de la fenêtre, la tête lourde posée sur le carreau, pensif, il regarde dehors la neige qui tombe à gros flocons. Le réveillon bat son plein dans la petite rue qui borde son immeuble: les gens se hâtent, des voitures passent et repassent, une vieille dame promène son chien et les chats errants semblent festoyer autour de poubelles qui débordent. L'espace de quelques secondes, Nathan, seul, se prend à imaginer que tout s'arrête. Un peu de silence et de tranquillité dans ce monde de fous! Hypnotisé par le mouvement fluide des branches d’arbres qui agitent leurs bras dans le vent froid, il sent ses paupières s'alourdir et puis, plus rien...
Il fait sombre. Nathan est un peu désorienté. Les arbres, toujours là, semblent lui montrer le chemin. Intrigué, il avance jusqu'à... une immense PORTE blanche perdue au milieu du néant. Intrigué, le jeune homme tourne doucement la poignée et pousse la porte. C'est alors le plus inattendu des paysages qui s'offre à lui:
C’est la nuit sur la banquise. Une grosse lune, claire et rassurante, brille au dessus de lui. Une couche de glace épaisse et blanche luit dans la pénombre. Le garçon avance prudemment, de peur de tomber. Au-delà de la porte ouverte, un gigantesque bateau lui fait face; avec ses grandes voiles blanches, il lui rappelle le bateau pirate piégé par les glaces dans les contes que lui racontait sa grand-mère quand il était petit. A sa gauche, un vrai matériel de chercheurs est installé: des télescopes, des appareils de mesures, des machines en tout genre... Comme un enfant curieux, Nathan s’approche, observe, touche à tout. Il a toujours rêvé de faire cela! Puis, il s'arrête un moment, empli de bien être grâce au silence de la nuit. Ici, les étoiles brillent plus que n'importe où. Bizarrement, il ne sent pas le froid polaire. Il aime cet endroit! A vrai dire, il monterait bien dans ce beau navire blanc pour partir explorer ce lieu si mystérieux et si grandiose.
Alors, brusquement, un aboiement retentit dans la nuit. Effrayé, Nathan fait un bond et se tourne vers le vaisseau. Une lumière s'allume alors que les jappements de l'animal se rapprochent rapidement. Paniqué, le jeune garçon revient sur ses pas et se précipite vers la porte, vers la ''sortie''. Après un bref regard en arrière, il passe le seuil et referme violemment cette porte étrange derrière lui…
A ce soudain claquement, Nathan se réveille en sursaut et se retrouve par terre. Un peu sonné, il regarde autour de lui: il est tombé du rebord de sa fenêtre et c'est maintenant le décor familier de sa chambre qui l’entoure. Les douze coups de minuit sonnent! Dehors, c'est la fête... Nathan entend les rires et les chants des gens et... un chien qui aboie furieusement dans l'appartement voisin. Quel dommage, ce n'était donc qu'un rêve!!
Et pourtant, c’est le 1er janvier ! Il est temps de faire un vœu… Un sourire aux lèvres, Nathan ne réfléchit qu’un instant… car il le sait maintenant, son désir est de partir un jour, explorer l'Arctique avec une expédition scientifique!
Déborah FAGANELLO, 2de4, Lycée Charles Péguy, Orléans.
« La porte »
Nous marchions sur la glace qui craquait sous nos pas lourds. Il faisait noir, tout était blanc autour de nous: un désert gelé. Au loin devant nous, piégé par la glace, notre bateau éclairé nous permettait de nous repérer. Nous étions fatigués à présent, nous avions exploré à pied la zone toute la journée.
Nous avancions pesamment vers le navire quand, soudain, notre guide tendit le doigt vers la droite. Nous regardâmes tous dans la direction qu'il nous indiquait. D'abord nous ne vîmes rien, seulement la glace blanche et scintillante sous la lune. Mais après quelques minutes, nous commençâmes à distinguer quelque chose de flou, d’assez haut, à hauteur d'homme. Nous allâmes vers cette forme et, peu à peu, nous aperçûmes un objet rectangulaire : une porte !
Intrigué, j’essayai de tourner la poignée mais elle résista. Elle était gelée ; les gonds étaient bloqués à cause de la glace. Cette découverte pleine de mystère nous remplit d'un étonnement qui ne nous quittait pas…
Le lendemain, alors que nous déjeunions dans le bateau, nous racontâmes à nos compagnons la découverte de la veille. L’un d’entre eux, Denis, qui était un vieux loup de mer et qui connaissait toutes les histoires étranges et fantastiques de l'Océan, nous écouta, pensif… Une fois notre histoire terminée, il se leva et sortit. Discrètement, je le suivis. Il s’emmitoufla et partit vers l'endroit où se trouvait l'étrange porte. Il resta seul peu de temps, mais assez cependant pour que je prenne une photographie de ce moment unique.
- Derrière cette porte se trouve un monde parallèle, me déclara-t-il en se retournant vers moi, comme s’il avait toujours su que je l’avais suivi.
Il défendait cette position avec une telle ferveur que j’aurais pu y croire moi-même. Mais en tant que scientifique de l’expédition, je ne pouvais admettre une pareille illusion.
Pleins de curiosité et d’appréhension, nous décidâmes alors de casser avec nos outils la glace qui emprisonnait la porte. Ce travail épuisant dura longtemps, mais chacun imaginait à sa façon ce qui se trouvait derrière la mystérieuse porte.
Enfin nous atteignîmes notre but. La porte était à présent entièrement libérée de sa gangue de glace. Denis se plaça devant la porte. Il tremblait légèrement. Il tendit la main vers la poignée, la tourna lentement. Puis, il poussa le battant. Et soudain, devant nos yeux ébahis s’ouvrit un paysage…
Mais ce paysage n'était rien d’autre que la banquise où nous nous trouvions depuis des semaines!
Laurène PERTHAME, 2de4, lycée Charles Péguy d’Orléans.
